Début du procès contre Gestoras – Askatasuna
Dans la lignée déjà ouverte par les procès contre des organismes politiques et sociaux qui avait conduit au jugement des organisations de jeunesse Jarrai-Haika-Segi et au macro-procès 18/98, le 21 avril eut lieu la première session de la mise en accusation de citoyens et citoyennes basques qui participent au Mouvement Basque Pro Amnistie sous l'accusation d'appartenance à organisation armée.

L’AED demande l’abrogation de l’Audience Nationale
L’association d’Avocats européens démocrates (AED), lors de la réunion de son secrétariat du 19 avril, a élaboré une déclaration par laquelle elle montrait sa préoccupation concernant l’activité de l’Audience Nationale, vue sa trajectoire ces dernières années, et spécialement lors du procès en train de se dérouler contre le Mouvement pro-ammistie.

Prison à vie : la police espagnole arrête Fernando Etxegarai
Fernando Etxegaria a été arrêté en avril 1987. Après 21 ans de prison, il a retrouvé la liberté début janvier 2008. Le 4 janvier 2008, la compagne de Fernando avait demandé l’Habeas Corpus et la défense avait fait une demande de liberté à l’Audience Nationale puisque la peine était purgée à cette date-là

OPINION :
Los harapos de la justicia
Julen Arzuaga, Observatoire des droits de l’homme
Loi de Parti Politiques. Conséquences:
Après l’échec de la motion de censure, Garzón met en prison la maire d’Arrasate
Après l’attentat de l’ETA, pendant la période électorale, contre le militant du PSOE Isaías Carrasco, a eu lieu un séisme politique dans la municipalité d’Arrasate-Mondragón.

La police basque (l’Ertzaintza) empêche le déroulement d’une manifestation pacifique contre la suspension des activités d' ANB et EHAK
Le 8 février, le juge de l’Audience Nationale espagnole, Baltasar Garzón, a décidé la suspension des activités d’ANB et d’EHAK, sur la base que Batasuna « aurait pris le contrôle » de ces deux partis et avec la claire volonté de les empêcher de se présenter aux élections du 9 mars.

L'Audiencia Nacional ferme un local d'ANB
Des agents de la police nacionale espagnole ont perquisitionné et fermé le 5 mai dernier le local social d'ANB à Portugalete.

Torture
L'ombre de la torture: détention de dix jeunes en Gipuzkoa
Dix jeunes des localités de Oarsoaldea ont été détenus le 18 avril en application de la législation antiterroriste par la Police espagnole sous l'accusation de sabotages ou « kale borroka » (lutte urbaine).
:: Début du procès contre Gestoras – Askatasuna
Dans la lignée déjà ouverte par les procès contre des organismes politiques et sociaux qui avait conduit au jugement des organisations de jeunesse Jarrai-Haika-Segi et au macro-procès 18/98, le 21 avril eut lieu la première session de la mise en accusation de citoyens et citoyennes basques qui participent au Mouvement Basque Pro Amnistie sous l'accusation d'appartenance à organisation armée. L'un après l'autre, les 27 activistes du mouvement de dénonciation de la répression d'État et de solidarité avec les victimes de cette violence, ont évoqué les motifs de leur activité, ainsi que les contextes dans lesquels celle-ci se développait: de la participation à des conférences de presse et mobilisations pacifiques, à des dynamiques de collecte de fonds pour faire face aux frais que génère la politique de dispersion pour les prisonniers er leur familles, en passant par l'interpellation et coopération avec d'autres agents politiques ou sociaux, ou l'assisatnce juridique à des citoyens et citoyennes basques. Ainsi, ils ont détaillé les dynamiques dans lesquelles ils avaient participé pour dénoncer la dispersion des prisonniers politiques et la répercussion sur leurs familles, les piètres conditions de vie dans les prisons, la torture, l'état de haute militarisation du Pays basque (Euskal Herria), la guerre sale, la violence policière, etc.
En outre, les accusés ont exposé leurs motivations personnelles pour participer à ce mouvement: l'impact de la répression sur leur propre personne ou sur des membres de leur famille, ou la forte conscience pour des faits répressifs de gravité exceptionnelle.

Ensuite, un par un, et après le constat de ce qui s'est produit dans des procès antérieurs similaires, ils ont considéré que « la sentence était rédigée », que « le procès était une simple mise en scène d'une condamnation préalablement décidée », ou que simplement c'était « une farce » suivant les paroles de certains. Pour cela, et devant l'expérience de procès antérieurs, constatant le manque de garanties de procédure pour mener un procès en termes juridiques, les accusés ont renoncé à l'exercice de la défense judiciaire. Dans un texte, signé par tous les accusés et transmis à l'opinion publique, ils ont expliqué qu'ils n'étaient pas disposés à opter pour « la défense des droits civiques et politiques qui nous assistent, parce que précisément ces droits ne peuvent être négociables ni judiciarisés. Nous ne reconnaissons au dit tribunal d'exception aucune légitimité pour cela ».

Leurs défenses ont expliqué au tribunal qu'elles rejetaient ainsi la comparution des 250 témoins proposés, en n'en maintenant qu'une douzaine, tous victimes directes ou membres de familles victimes de la violence de l'état.

Suite aux déclarations, la présidente du tribunal, Terasa Palacios, a pris la parole pour répondre à la dénonciation politique du procès et l'impartialité du tribunal, considérant que « selon ce qui a été dit, on ne juge pas l'Audiencia Nacional. Nous en jugeons pas des idéologies, mais des activités délictueuses ». Cependant les jours suivants, et avec la participation de témoins proposés par les accusations, il a été vérifié l'inexistence d'actes délictueux, d'accusations concrètes et précises et de conduites individualisées envers les accusés.

Simplement une nébuleuse, sous l'interprétation expansive et exacerbée des délits de terrorisme, ligne dans laquelle ce tribunal marque son action
.

retourner en haut


:: L’AED demande l’abrogation de l’Audience Nationale

L’association d’Avocats européens démocrates (AED), lors de la réunion de son secrétariat du 19 avril, a élaboré une déclaration par laquelle elle montrait sa préoccupation concernant l’activité de l’Audience Nationale, vue sa trajectoire ces dernières années, et spécialement lors du procès en train de se dérouler contre le Mouvement pro-ammistie.

Le président de l’association, Gilberto Pagani, dans une conférence de presse tenue au barreau de Biscaye, et accompagné d’une trentaine d’avocats membres d’Eskubideak (association d’avocats basques membre de l’AED), a dénoncé l’action de l’Audience Nationale. Le juriste italien a signalé que l’AED a montré de façon répétitive « depuis quelques années sa préoccupation devant les procédures réalisées par l’Audience Nationale, entre autres, celles du dossier 18/98, concernant l’application des lois d’exception qui vident de leur contenu les principes universels du droit, des garanties et droits fondamentaux de la personne arrêtée et inculpée ».

L’association d’Avocats européens démocrates explique que, parmi les 27 citoyens basques jugés, se trouve l’avocat Julen Arzuaga et elle dénonce «l’attaque au droit de la défense et au secret professionnel» qui a eu lieu pendant la procédure d’instruction du dossier. En ce sens, Maître Pagani a énuméré une série de procédures irrégulières telles que « l’entrée dans les cabinets professionnels et leur perquisition sans que soient garantis le secret professionnel et la confidentialité des communications entre l’avocat et leurs clients, le retard inconsidéré pris par le procès et l’abus des mesures conservatoires, telles que la prison préventive allant jusqu’à quatre ans et la suspension judiciaire de l’activité de ces associations », en faisant référence à Gestoras pro-ammistie et Askatasuna.

Face à cette situation, il a demandé « l'abrogation des tribunaux d’exception tels que l’Audience Nationale ».

La motion de l'AED-EAL

L'association Avocats Européens Démocrates (AED) a pris connaissance de l'ouverture du procès (affaire 33/01) des associations basques Gestoras pro Amnistia et Askatasuna, associations ayant pour but de dénoncer les violations des droits de l’homme et de travailler en solidarité avec les personnes détenues et celles qui sont victimes de ces violations. L'avocat Julen Arzuaga, représentant d'Eskubideak dans notre association, figure parmi le 27 personnes inculpées dans cette procédure.

L'AED a exprimé à plusieurs reprises au cours des dernières années sa préoccupation concernant les procédures pénales suivies devant l'Audiencia Nacional, comme l’affaire 18/98, l'application d'une série de lois d'exception qui vident de contenu des principes universels du droit ainsi que les garanties de base et les droits fondamentaux de la personne détenue ou inculpée. L'interprétation extensive du délit de terrorisme et l'application de ces lois d'exception ont entraîné la violation des droits fondamentaux, du droit à la défense et de la présomption d'innocence.

Dans ce contexte, l'AED est obligée de manifester son inquiétude pour les conditions dans lesquelles a eu lieu l'instruction du dossier. Comme, par exemple, les perquisitions de cabinets d'avocats sans les garanties du respect du secret professionnel et de la confidentialité de la communication entre l'avocat et ses clients, le retard injustifié de la procédure, l'abus des mesures préventives comme la prison préventive jusqu'à sa durée maximale de quatre ans, ainsi que la suspension légale des activités des associations.

Pour ces raisons, l'AED :

- dénonce la violation du droit à la défense et du secret professionnel.

- exige l'abrogation des tribunaux d'exception tels que l'Audiencia Nacional.

- refuse la criminalisation de l'exercice du droit à la défense avec l'objectif de le limiter.

- rejette l'extension arbitraire et inadmissible du concept de terrorisme allant jusqu'à porter atteinte à des activités publiques et démocratiques qui font partie du droit à la liberté d'expression et du droit à un libre engagement politique et social.

L'AED suivra de près l’affaire 33/01 et, si nécessaire, dénoncera et rendra publiques les violations qui pourraient se produire en relation au droit à un procès équitable accompagné du libre exercice des droits de la défense.

retourner en haut

:: Prison à vie : la police espagnole arrête Fernando Etxegarai


Fernando Etxegaria a été arrêté en avril 1987. Après 21 ans de prison, il a retrouvé la liberté début janvier 2008. Le 4 janvier 2008, la compagne de Fernando avait demandé l’Habeas Corpus et la défense avait fait une demande de liberté à l’Audience Nationale puisque la peine était purgée à cette date-là. Ce même jour, la première section de l’Audience Nationale, après lecture de ces deux écrits, émettait la décision du 4 janvier 2008 par laquelle Fernando Etxegarai retrouvait la liberté puisqu'ayant purgé sa peine.

Trois mois après, le 4 mars, la première section de l’Audience Nationale émet un mandat d’arrêt contre Fernando Etxegarai, car elle décide que la peine doit être allongée jusqu’à sa période maximale, c’est-à-dire 25 ans. Par cette décision, le tribunal refuse d’appliquer les réductions de peine (remises de peine obtenues pour travail, études, etc.) que Fernando avait accumulées en conformité avec le code pénal de 1995, sous lequel il avait été jugé et condamné. Cette interprétation de ne pas accepter les réductions de peine est connue comme « doctrine Parot » et elle consiste à nier la validité, avec caractère rétroactif, des réductions de peine que les détenus comptabilisaient avant 1995, en application de la législation de l’époque.

La justification pour un tel changement a été que les juges qui avaient pris la décision de libérer Fernando Etxegarai constituaient « un tribunal d’office qui remplaçait le tribunal pendant ses vacances ». Cette justification n’a aucune valeur procédurale, puisqu’elle nous mènerait à l’absurdité de ne pas prendre pour des décisions fermes les décisions prises par des substituts pendant les périodes de vacances des titulaires. En réalité, le changement d’opinion de l’Audience Nationale est dû à une correction extra iuris prise en dehors du délai d’appel d’une décision ferme. La première décision de l’Audience Nationale était en faveur du prisonnier basque et cela l’État ne voulait pas l’accepter.

Le cas d’Etxegarai est entièrement nouveau, puisqu'aussi bien, cette nouvelle interprétation du code pénal en ce qui concerne les réductions de peine, a déjà été appliquée à une trentaine de prisonniers politiques basques, mais c’est la première fois que l’Audience Nationale décide d’imposer l’accomplissement entier de la peine à une personne se trouvant déjà en liberté parce qu’ayant purgé sa peine, selon l'Audience Nationale elle-même.

Un mandat d’arrêt a été émis par l’Audience Nationale. Le 6 mai, Fernando Etxegarai a été arrêté chez lui, à Plentzia, pour purger encore quatre années, jusqu’aux 25 ans de peine. Etxegarai, dans une interview, a déclaré qu’il avait « peur » de retourner à la prison et qu’il ne savait pas s’il pourrait supporter ces quatre ans de plus. Il a dit: « Ils veulent nous condamner à mort ».

retourner en haut

Loi de Parti Politiques. Conséquences:
:: Après l’échec de la motion de censure, Garzón met en prison la maire d’Arrasate

Après l’attentat de l’ETA, pendant la période électorale, contre le militant du PSOE Isaías Carrasco, a eu lieu un séisme politique dans la municipalité d’Arrasate-Mondragón. Quelques semaines après l’attentat, le PSOE et le PNB ont présenté une motion de censure devant le conseil municipal pour réclamer la démission de la maire d’ANB, Ino Galparsoro. Si la motion contre la maire ne passait pas, alors ils en présenteraient une autre par laquelle le conseil municipal passerait aux mains d'une autre force politique, le PSOE, allant de cette façon contre la volonté populaire exprimée lors des élections. La première motion n’est pas passée à cause de l’opposition des élus d’ANB, de ceux d’EB-Zutik et d’Aralar, qui n’ont pas voulu que la municipalité soit dirigée par une autre force politique que celle qui était sortie victorieuse des urnes, ce qui a provoqué un séisme politique dans l’État espagnol. Six jours après l’échec de la motion contre la maire d’Arrasate, le juge du tribunal d’exception, Baltasar Garzón, a pris en main la situation en envoyant la maire d’Arrasate en prison. Garzón l’accuse de « collaboration avec organisation terroriste » et « d’aller à l’encontre de la suspension des activités d’ANB », de cette façon, en retournant la loi, il se substitue à la volonté populaire.

L’avocat de Galparsoro, Iñigo Iruin, a manifesté son indignation devant l’incarcération de sa cliente et a indiqué que cette décision « ouvre la voie pénale pour les personnes élues d’ANB ». Il a critiqué l’improvisation de l’accusation, ainsi que les perquisitions et inspections faites alors que la maire d’Arrasate était déjà dans les cachots de l’Audience Nationale. Il a expliqué que quand Garzón, le 8 février, avait décidé la suspension des activités d’ANB, il avait également dit que les activités des personnes élues par ANB ne pouvaient pas être attribuées à des activités du parti suspendu. Maintenant, il change d’opinion puisque dans l’ordre d’incarcération il est dit « que parmi les actions individuelles de la maire, sont celles qu’elle a réalisées en tant que représentante d’ANB ». Garzón dit « qu’elle ne peut pas travailler en tant que représentante d’un parti dont les activités sont suspendues » et que cela représente une « volonté rebelle ».

Ino Garpalsoro, maire d’Arrasate, se trouve à la prison de Soto del Real, à 400 km de son village. À Arrasate, il y a eu une grève générale totale pour protester contre l’incarcération de leur maire, arrestation qui va à l’encontre de la volonté populaire, exprimée lors la séance municipale plénière. Cette protestation est arrivée jusqu’aux murs de la prison de Soto del Real.

retourner en haut

:: La police basque (l’Ertzaintza) empêche le déroulement d’une manifestation pacifique contre la suspension des activités d' ANB et EHAK

Le 8 février, le juge de l’Audience Nationale espagnole, Baltasar Garzón, a décidé la suspension des activités d’ANB et d’EHAK, sur la base que Batasuna « aurait pris le contrôle » de ces deux partis et avec la claire volonté de les empêcher de se présenter aux élections du 9 mars. Pour protester contre cette décision, des élus indépendantistes ont appelé à manifester à Bilbao avec comme mot d'ordre « Pour les droits du Pays basque, stop à l’état d’urgence ».

Le juge Baltasar Garzón, la veille de la manifestation, a décidé son interdiction parce que, selon lui, l’appel « provenait des deux partis suspendus ».

Malgré l’interdiction, les élus indépendantistes qui avaient lancé l’appel, à titre personnel et dans l’exercice de leurs droits politiques, informaient qu’ils maintenaient l’appel à la marche.

Le département de l’intérieur du gouvernement basque, en exécutant l’ordre d’interdiction émis par le tribunal d’exception, a alors mis en œuvre un important cordon policier de façon à empêcher le déroulement de la marche, attaquant ainsi le droit à manifester pacifiquement. La brigade anti-émeutes de la police basque a chargé à plusieurs reprises les milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés en solidarité à ANB et EHAK. Il y a eu plusieurs personnes blessées.

retourner en haut

:: L'Audiencia Nacional ferme un local d'ANB

Des agents de la police nacionale espagnole ont perquisitionné et fermé le 5 mai dernier le local social d'ANB à Portugalete. Après trois heures de perquisition les agents ont retiré le drapeau du parti historique et ont enmené plusieurs caisses de matériel, dans lequel il y avait, selon déclarait à la presse le responsable du local, « de la propagande relative aux prisonniers, des pamphlets politiques, des bidons de peinture avec lesquels venait d'être refaite la décoration du local, des papiers de ANB datant de plusieurs années jusqu'à une ancienne affiche d'un débat sur le Train à Grande Vitesse ».
Cet agissement est l'effet direct de l'acte de suspension d'activités et fermeture des locaux de ANB que Balasar Garzón a décrété le 8 février dernier.

retourner en haut


:: L'ombre de la torture: détention de dix jeunes en Gipuzkoa

Début décembre 2007, la Cour européenne des droits de l’homme analysera les requêtes présentées par Herri Batasuna et Batasuna, par Autodeterminaziorako Bilgunea (AuB), Herritarren Zerrenda (HZ) et les plateformes municipales illégalisées en application de la loi des partis. Ces requêtes ont été présentées par la défense des partis indépendantistes à la Cour de Strasbourg, une fois épuisée la voie judiciaire espagnole. Les deux articles sur lesquels se basent les requêtes sont l’article 10 (droit à la liberté d’expression) et l’article 11 (droit à la liberté de réunion et d’association) de la Convention européenne des droits de l’homme.

La défense de l’État espagnol a justifié la dissolution et l'interdiction des partis indépendantistes en alléguant qu’ils « constituaient une menace pour les droits de l’homme, pour la démocratie et le pluralisme ». Il a pris pour base la thèse du juge Baltazar Garzón qui dit que « tout est ETA » et que « la création de Batasuna et d’Herri Batasuna correspond à la stratégie d’ETA de dédoubler ses axes d’activités ».

La Cour pour la sauvegarde des droits humains décide que « face à l’ensemble des arguments des deux parties, ces requêtes touchent des questions très sérieuses de fait et de Droit qui ne peuvent se résoudre à ce stade, c’est-à-dire qu’il faut un examen plus approfondi.

Quant à cette première résolution, les avocats des plaignants montrent une « prudente satisfaction » et l’État pense qu’il n’y a aucun problème puisqu’ils ont raison. Si on regarde les statistiques, on constate que la Cour de Strasbourg n’accepte que 1,5% des requêtes présentées et qu’elle décide favorablement pour 80 % d’entre elles.

Maintenant s’ouvre une nouvelle phase dans laquelle les deux parties pourront présenter de nouveaux arguments. Tout ce procès sera très long, mais il représente la possibilité de retablir les drois politiques fondamentaux en Pays basque.


retourner en haut

:: OPINION:
Los harapos de la justicia.
Julen Arzuaga, Observatoire des droits de l’homme

À la base de la fonction du processus pénal, il y a- d’après ce qu’il se dit- la réintégration et la récupération des fils prodigues dans la société. Cependant, lorsque ce principe disparaît- parce que les personnes jugées n’ont jamais abandonné la société à laquelle elles appartiennent, ou parce qu’il n’existe aucun délit réel, ces personnes n’ont commis aucun dommage à la société, elles ont simplement exercé leurs droits politiques- le tribunal se trompe ; il confond le citoyen qu’il prétend soumettre à son autorité avec son ennemi. Les garanties, les principes de droit, ainsi que les nomes réglementaires régulant le système disparaissent. Tout cela dépasse le cadre du simple processus judiciaire, obligeant injustement les personnes à se présenter devant une institution qui n’administre pas la justice, mais qui agit en termes de vengeance politique.

L’accusé, maintenant ennemi, doit prendre parti ; il a la responsabilité de prendre position devant à cette situation. S’il accepte les règles du jeu, le processus est possible, et un dialogue s’instaure alors entre l’accusé, qui s’explique, et le juge, dont les valeurs sont respectées. Si au contraire, il n’accepte pas les règles de ce jeu, alors l’appareil judiciaire se désintègre, les valeurs du juge et son système sont mis en doute. Le processus pénal devient un processus de rupture. Les rôles s’inversent, et c’est l’état qui doit rendre des comptes à la Justice, cette fois avec majuscule.

Auparavant, adorée comme une idole, aujourd’hui conspuée comme une malpropre la justice est ressentie comme injuste.

Voici le constat que nous pouvons faire à propos de la justice d’exception qui est imposée par l’état espagnol aux citoyens et citoyennes basques soumis à ces processus pénaux en raison de leur activité politique, sociale, culturelle…Nous avons suivi avec intérêt les processus menés contre les mouvements Haika – Segi et le fameux dossier 18/98, durant lesquels nous avons pu remarquer l’énorme travail que la défense a tenté de mettre en place malgré les mécanismes réduits et détériorés par le tribunal lui-même, afin de mener à bien la défense des personnes mises en cause, et de leurs activités qui se développent en toute transparence dans le domaine public. La sentence du cas 18/98 n’a accepté aucune des objections, questions ou protestations émises par la défense. Tout son travail de présentation de témoins, d’experts ou encore de rapport de défense a été balayé d’un seul revers de la main.

Devant cette évidence, de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme, des juristes ou encore des institutions nationales ou internationales ont réagi, dénonçant le manque total d’indépendance de l’Audience Nationale, exigeant sa fermeture immédiate, ainsi que l’abrogation immédiate des lois exceptionnelles, que celle-ci applique. Nous avons également vu, et nous ne pouvons l’oublier, l’attitude des personnes accusées, qui ont tenté de défendre leur travail politique et social, dénonçant justement le manque d’impartialité et d’indépendance de ce tribunal ; ils nous ont donné une leçon d’intégrité et de dignité que je veux saluer ici. Cette attitude et ces réactions resteront longtemps gravées dans la mémoire de la société basque.

À ce propos, les accusés dans le cas Gestoras pro Amnistia- Askatasuna, nous avons voulu faire un pas de plus, face au jugement auquel est soumise notre activité de dénonciation de la répression, de solidarité avec ceux qui en souffrent, et d’appel continu à l’établissement de mécanismes de résolution du grave conflit basque. De notre point de vue, et comme méthode de dénonciation de la nature non démocratique du tribunal de l’Audience Nationale, nous avons renoncé à exercer toute type de défense juridique en son sein. Nous proposons une attitude de désobéissance, de rupture des valeurs que représente ce tribunal. Nous voulons faire valoir notre opposition passive dans les formes juridiques, mais active dans son contenu politique ; nous voulons faire valoir que ce n’est pas illégal de dénoncer la répression, sinon que la répression elle-même est illégale.

Ainsi, notre attitude devant ces juges qui pourront nous condamner mais pas nous juger est non seulement une critique d’un vieil ordre caduc, et de sa justice en lambeaux mais aussi un cri en faveur d’une nouvelle scène politique qui est pleine d’espoir, de force qui annonce irrésistiblement un changement qui doit se produire. Un changement indispensable qui se lit en termes de restitution démocratique, de reconnaissance des droits individuels et collectifs de base et de reconnaissance et réparation pour les dommages subis par les milliers d’opprimés politiques basques.

retourner en haut